Fac-similé de l'édition de 1946 du très célèbre Tintin au Congo. Une BD d'Hergé.
Histoire :
Le 10 janvier 1929, un jeune reporter fait son apparition dans "Le Petit Vingtième", le supplément pour enfants du quotidien belge "Le XXe siècle". Son nom ? Tintin. Son créateur, un certain Georges Remi, signe Hergé, pseudonyme inspiré par ses initiales. Après un premier voyage en Russie, le jeune reporter embarque pour le Congo...
Vers 1930, le Congo représentait un véritable Eldorado pour la Belgique. Quatre-vingt fois plus grand que le pays qui le colonisait, son sous-sol était extrêmement riche. Le territoire manquait de main-d'œuvre, la tendance de l'époque était donc de faire de la publicité pour ce pays.
En 1946, Hergé redessina l'aventure, la mit en couleur et en modifia l'idéologie colonialiste. Il affirma plus tard que lors de la création de "Tintin au Congo", il vivait dans un milieu plein de préjugés. C'est d'ailleurs la particularité de cet album, qui, bien loin des prises de positions anti-colonialistes qui apparaîtront dans le "Lotus bleu", est rempli de stéréotypes de la vision de l'Afrique par les Européens à cette époque : "Pour le Congo tout comme pour "Tintin au pays des Soviets", il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : "Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !..." Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. Si certaines images caricaturales du peuple congolais donné par Tintin au Congo font sourire les Blancs, elles font rire franchement les Congolais, parce que les Congolais y trouvent matière à se moquer de l’homme blanc qui les voyait comme cela ".
En 2007, la controverse liée à ces stéréotypes redevient d'actualité suite à un avis de la Commission britannique pour l'égalité des races (British Commission on Racial Equality) qui jugea la bande dessinée "raciste", et demanda de la retirer des librairies. Le libraire Borders décida alors de ne plus vendre cet album au "rayon enfant", le déplaçant vers les "BD adultes"...
Anecdotes :
Dans la version actuelle de l'album, la leçon d’arithmétique de Tintin est interrompue par un léopard alors que dans la version initiale, le tableau noir est en fait une carte de géographie, et que Tintin dit : "Aujourd'hui je vais vous parler de votre pays : la Belgique". Si, dans cet album, les Congolais parlent dans une syntaxe approximative, les éléphants et les singes, eux, s'expriment en excellent français. Tintin est appelé "Boula-Matari" ce qui signifie le "briseur de rocher". C’était le surnom donné par les indigènes en signe de déférence et de respect à l'explorateur anglais Sir Henry Stanley.
Editions : Casterman.